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Les bienfaits de la couleur verte

La semaine dernière, nous avons eu un avant-goût du printemps ici à Montréal. Quelques journées douces, un soleil radieux et des couchers de soleil tardifs nous ont permis de profiter de quelques belles journées qui évoquaient indéniablement le printemps. Mais hélas… l’expression « printemps trompeur » prend tout son sens. L’hiver est revenu aussi vite qu’il était apparu, avec une tempête de verglas quelques jours plus tard.

Pourtant, les signes du printemps persistent. À mesure que la neige fond et que le sol s'assouplit, l'odeur de la terre humide revient, des bourgeons commencent à se former sur les branches restées nues pendant des mois, et les premières touches de vert réapparaissent lentement dans le paysage.

Chez BEDI, nous accordons une grande importance aux performances techniques de nos créations. Membranes imperméables, coutures étanches, respirabilité : ces détails comptent, surtout sous un climat comme le nôtre. Mais si nous avons choisi de fabriquer des vêtements d'extérieur, c'est pour une raison bien précise. Nous concevons nos pièces avec l'espoir qu'elles inciteront les gens à profiter davantage du grand air et de la nature, ne serait-ce que pour une simple promenade.

L'effet apaisant des espaces verts est quelque chose que beaucoup d'entre nous ressentent instinctivement. Passer du temps dehors n'est pas seulement une façon agréable de passer l'après-midi ; c'est aussi un retour aux environnements pour lesquels nous sommes naturellement faits.


L’hypothèse de la biophilie : pourquoi la nature nous semble si familière

En 1984, le biologiste Edward O. Wilson a popularisé le terme biophilie dans son livre Biophilie .

L'hypothèse de la biophilie postule que les humains possèdent une tendance innée, génétiquement déterminée, à rechercher des liens avec la nature et les autres systèmes vivants . Selon Wilson, cette affinité n'est pas purement culturelle ou esthétique ; elle est ancrée dans l'évolution.

De même que nous possédons des peurs instinctives (par exemple, des serpents ou des hauteurs), nous manifestons également des préférences interculturelles constantes pour certains paysages :

  • Des espaces ouverts avec des arbres épars

  • Sources d'eau visibles

  • Végétation qui évoque la fertilité et la sécurité

Historiquement, ces environnements étaient synonymes de survie.

La biophilie suggère que notre attirance pour les paysages verdoyants n'est pas décorative, mais adaptative.

La végétation verte était synonyme de nourriture, d'abri, d'oxygène et de sécurité. Au fil du temps, ces associations se sont ancrées dans notre système nerveux.

Aujourd'hui, lorsque nous contemplons les arbres qui bordent une rue ou que nous nous asseyons près d'un coin d'herbe, quelque chose en nous se détend. Pas forcément parce que nous l'analysons consciemment, mais parce que notre biologie le reconnaît.


Une histoire évolutive écrite en vert

Pendant la grande majorité de l'histoire humaine, nous avons vécu en plein air. Notre survie dépendait de paysages tels que les forêts, les prairies et les vallées fluviales.

Il était important de distinguer les subtiles variations de vert. Cette plante est-elle comestible ? Ce mouvement dans les arbres était-il dû au vent ou à un prédateur ? Y avait-il des baies cachées sous ce feuillage dense ?

Notre système visuel a évolué en réponse à ces exigences. Des chercheurs ont suggéré que les humains sont capables de distinguer davantage de nuances de vert que toute autre couleur du spectre. Cette sensibilité accrue aurait facilité la recherche de nourriture et la détection des menaces.

Autrement dit : nos yeux se sont développés dans un monde vert.

Aujourd'hui, lorsque nous pénétrons dans des environnements naturels, nous n'entrons pas dans un monde étranger. Nous retrouvons les conditions qui ont façonné notre biologie.

Pourquoi voyons-nous si bien le vert ?

La vision des couleurs chez l'humain repose sur trois types de cellules photoréceptrices de la rétine appelées cônes :

  • Cônes S (longueurs d'onde courtes, sensibles à la lumière bleue)

  • Cônes M (longueurs d'onde moyennes, sensibles à la lumière verte)

  • Cônes L (longues longueurs d'onde, sensibles à la lumière rouge)

Ces cônes ont des fonctions partiellement similaires, mais les cônes M sont spécifiquement sensibles aux longueurs d'onde comprises entre 495 et 570 nanomètres environ, soit la gamme que nous percevons comme étant le vert. Avec les cônes L, ils sont fortement concentrés dans la fovéa, la région centrale de la rétine responsable de la vision haute résolution.

Il est important de noter que la sensibilité visuelle humaine atteint son maximum autour de 555 nanomètres , dans la partie jaune-vert du spectre. En plein jour, c'est dans cette gamme de longueurs d'onde que nos yeux fonctionnent le mieux. C'est pourquoi nous traitons la lumière verte plus facilement que la plupart des autres couleurs.

Le vert, situé au milieu du spectre visible, sollicite moins l'œil que la lumière bleue à haute énergie ou les longueurs d'onde plus longues du rouge. Pour beaucoup, cela se traduit par une fatigue visuelle réduite. Le vert est donc non seulement agréable, mais aussi efficace pour notre perception.


Chlorophylle : Pourquoi le monde est vert

La domination du vert dans la nature n'est pas arbitraire.

Les plantes apparaissent vertes grâce à la chlorophylle , pigment essentiel à la photosynthèse. La chlorophylle absorbe les longueurs d'onde rouges et bleues de la lumière afin de convertir l'énergie solaire en énergie chimique. Les longueurs d'onde intermédiaires, vertes, sont réfléchies, d'où la couleur que nous percevons.

Ainsi, la couleur verte du monde naturel est directement liée au processus qui rend la vie possible. C'est la signature visible de la photosynthèse, processus fondamental des écosystèmes terrestres. Lorsque nous disons que le vert est synonyme de « vie », il ne s'agit pas d'une métaphore : nous observons des phénomènes biochimiques.


Théorie de la restauration de l'attention (ART)

À la fin des années 1980, les psychologues Rachel Kaplan et Stephen Kaplan ont proposé la théorie de la restauration de l'attention (ART).

ART part d'un constat simple : la vie moderne exige une attention soutenue et ciblée. Écrans, notifications, réunions et le tumulte du quotidien nous soumettent à une stimulation constante.

L'attention dirigée est une ressource cognitive limitée. Son utilisation excessive entraîne fatigue mentale, irritabilité et baisse des performances. Selon la théorie de la restauration de l'attention, les environnements naturels contribuent à restaurer cette capacité épuisée.

Douce fascination

L’un des mécanismes fondamentaux est ce que les Kaplan ont appelé la fascination douce .

Les éléments naturels, comme le mouvement des nuages, le clapotis de l'eau et le bruissement des feuilles dans le vent, captent notre attention en douceur, sans effort. Contrairement au défilement incessant des écrans ou à la résolution de problèmes, cette interaction est naturelle. Elle permet aux fonctions exécutives du cerveau de se reposer et de se régénérer.

Les quatre composantes des environnements réparateurs

ART identifie quatre caractéristiques des environnements qui favorisent la restauration :

  1. Être loin

  2. Fascination

  3. Étendue

  4. Compatibilité

Les espaces verts tels que les parcs, les forêts, les champs et les berges des rivières répondent systématiquement à ces critères.

Des recherches en psychologie environnementale ont démontré que l'exposition à des environnements naturels améliore l'attention, réduit la fatigue mentale et améliore l'humeur par rapport aux environnements construits.

Bien sûr, la couleur verte n'est pas la seule à créer ce phénomène. Mais c'est l'indice visuel dominant qui signale le « naturel ».


Réduction du stress et physiologie

Au-delà de la cognition, le temps passé dans des environnements verts affecte des marqueurs physiologiques mesurables.

De nombreuses études en santé environnementale ont montré que l'exposition aux milieux naturels est associée à :

  • Diminution du taux de cortisol (une hormone du stress primaire)

  • Réduction du rythme cardiaque

  • Baisser la pression artérielle

  • Amélioration de l'humeur auto-déclarée

Une étude bien connue du psychologue environnemental Roger Ulrich a démontré que les patients hospitalisés ayant vue sur des arbres guérissaient plus vite et avaient besoin de moins d'analgésiques que ceux dont la chambre donnait sur un mur de briques. Bien que la couleur verte ne soit pas le seul facteur en jeu, la végétation (et le vert qu'elle reflète) était essentielle à cet effet bénéfique.

Des recherches ultérieures menées en milieu forestier (par exemple, des études sur les « bains de forêt » au Japon) ont mis en évidence une réduction des hormones du stress et une amélioration de l'activité du système nerveux parasympathique après un temps passé parmi les arbres.

Les mécanismes en jeu sont probablement complexes : les informations visuelles, les phytoncides (composés émis par les plantes), les différences acoustiques et les associations psychologiques interviennent tous. Mais visuellement, le vert domine.


La fluidité fractale : pourquoi les motifs naturels nous apaisent.

La nature n'est pas visuellement aléatoire. Elle est structurée.

Les branches des arbres, les côtes, les fougères, les nuages ​​présentent tous des fractales, des motifs répétitifs à de multiples échelles.

Les recherches en psychologie de la perception suggèrent que le système visuel humain traite les motifs fractals avec une relative facilité. Certaines études indiquent que l'exposition à une complexité fractale moyenne (semblable à celle que l'on trouve dans les arbres et les feuilles) est associée à une réduction des réponses au stress par rapport à des motifs plus chaotiques ou trop simples.

Ce concept, parfois appelé fluidité fractale, propose que, puisque notre système visuel a évolué dans des environnements riches en fractales, il est optimisé pour les interpréter efficacement, et que les paysages verdoyants sont denses en géométrie fractale.


Pourquoi le vert réduit la fatigue oculaire

Il existe également une explication optique simple à la réputation apaisante du vert.

La vision photopique humaine (vision diurne) présentant une sensibilité maximale autour de 555 nanomètres, une intensité lumineuse moindre suffit pour percevoir clairement le vert. L'accommodation du cristallin est donc moins importante pour cette longueur d'onde que pour les longueurs d'onde plus extrêmes.

Concrètement :

  • Le vert est lumineux sans être agressif.

  • Elle est visible sans être envahissante.

  • Il est en équilibre.

Cela explique peut-être en partie pourquoi le vert a historiquement été utilisé dans des environnements conçus pour une attention soutenue, comme les salles de classe, les hôpitaux, voire les premières interfaces informatiques.


Vie urbaine et fatigue liée à l'attention dirigée

Les villes modernes sont visuellement intenses, avec leurs angles vifs, leurs lignes droites, leurs contrastes marqués, leur rythme effréné, leur éclairage artificiel, etc. De plus, une grande partie de l'architecture urbaine manque de la profondeur et de la variété organique que l'on trouve dans les paysages naturels. Elle exige un regard attentif et une interprétation active.

La fatigue liée à l'attention soutenue n'est pas dramatique, mais elle s'accumule. Elle peut se manifester par de l'irritabilité, des difficultés de concentration et cette sensation d'être constamment surexcité. Les espaces verts contribuent à rompre ce cycle.

Même de petites doses, diffusées par le biais des parcs de quartier ou même des arbres bordant une rue secondaire, ont été associées, dans le cadre de recherches en santé publique, à une amélioration du bien-être psychologique.


Les bienfaits de sortir

En pratique, cela se manifeste souvent par de petits choix ordinaires : faire une promenade dans le parc au lieu de rentrer directement à la maison, s’asseoir un moment à l’ombre d’un arbre, choisir le chemin le plus long lorsqu’il traverse un espace vert, ou encore remarquer la nuance de vert particulière qui apparaît au début du printemps.

On considère souvent le temps passé dans la nature comme une option, un loisir pour le week-end ou des après-midi tranquilles quand on a le temps. Mais si des théories comme la biophilie et la théorie de la restauration de l'attention sont justes, le rôle de ces environnements est bien plus fondamental.

Passer du temps dans les espaces verts n'est pas simplement un agréable moyen de se divertir. Cela contribue à restaurer l'attention, à réduire la fatigue mentale et à rééquilibrer un système qui a évolué en plein air mais qui passe désormais la majeure partie de sa vie à l'intérieur.


À propos des vêtements et des activités de plein air

Quiconque vit dans une région au climat nordique connaît le vieil adage : « Il n’y a pas de mauvais temps, seulement des vêtements inadaptés. » La plupart d’entre nous en avons fait l’expérience au moins une fois. Une pluie froide ou un après-midi venteux peuvent être désagréables si l’on est mal habillé, mais avec les bonnes couches de vêtements, la situation devient souvent étonnamment supportable, voire agréable.

Dans des endroits comme le Canada, où la météo change constamment tout au long de l'année et souvent même au cours d'une même semaine, les activités extérieures ne peuvent pas dépendre des conditions météorologiques idéales. Il s'agit plutôt d'être suffisamment préparé pour ne pas être contraint de rentrer immédiatement à l'intérieur en cas de mauvais temps.

Cette idée influence profondément notre conception des vêtements d'extérieur. Lorsque nous parlons de membranes imperméables, de coutures étanches et d'une conception bien pensée, il ne s'agit pas simplement de spécifications techniques. Ce sont des outils qui facilitent les déplacements tout au long d'une journée marquée par la pluie, la neige, le vent et le soleil.

Une petite course peut ainsi se transformer en une plus longue promenade. Un après-midi gris peut se terminer par une boucle tranquille dans le parc. La différence est souvent minime, mais elle compte.

Si les espaces verts contribuent à recentrer l'attention et à réduire le stress, comme le suggèrent de plus en plus d'études, alors la possibilité de sortir confortablement devient bien plus qu'une simple question de commodité. Concrètement, de bons vêtements d'extérieur lèvent l'un des petits obstacles qui nous retiennent à l'intérieur. Ils permettent tout de même de se promener.


La vie moderne est souvent trépidante. L'information nous parvient sans cesse, notre attention est sollicitée de toutes parts, et beaucoup d'entre nous passons de longues périodes à l'intérieur, passant d'un écran à l'autre.

D'un point de vue biologique, cet environnement est relativement récent. Pendant la majeure partie de l'histoire humaine, nos sens se sont développés dans des paysages extérieurs où la lumière filtrait à travers les feuilles, le sol changeait sous nos pas et la couleur verte signalait quelque chose de simple mais d'essentiel : l'eau, la vie végétale et les conditions nécessaires à notre survie.

Les recherches sur des concepts comme la biophilie et la théorie de la restauration de l'attention ne cherchent pas tant à idéaliser la nature qu'à mesurer ses effets. Le temps passé dans des espaces verts est associé à une meilleure concentration, une diminution du stress et une amélioration de l'humeur. Ce que beaucoup décrivent comme une sensation de calme dans les parcs, les forêts ou les jardins trouve en réalité une explication assez concrète.

On le remarque surtout au début du printemps. Après un long hiver, on ressent vraiment la différence lorsque l'air embaume légèrement la terre humide et que les arbres commencent à arborer cette teinte verte vive, presque lumineuse, qui apparaît chaque année après des mois d'hiver.

Ce n'est pas spectaculaire, mais c'est perceptible. Le paysage semble à nouveau plus stable.

Cette réaction peut en partie s'expliquer par une simple reconnaissance. Nos yeux traitent aisément les longueurs d'onde vertes, et notre cerveau a très longtemps interprété ces environnements comme des lieux où la vie a tendance à prospérer.

Ce qui explique peut-être pourquoi une simple promenade dans un parc, un ravin ou une rue bordée d'arbres peut transformer l'atmosphère d'une journée. Nul besoin de quelque chose d'extravagant : de petits moments réguliers au contact de la nature peuvent faire toute la différence.

Références intégrées tout au long du texte : travaux fondateurs d’Edward O. Wilson sur la biophilie ; théorie de la restauration de l’attention de Kaplan et Kaplan ; recherches sur l’efficacité lumineuse photopique et la sensibilité maximale autour de 555 nm ; études sur la santé environnementale concernant le cortisol et les environnements naturels ; recherches perceptives sur le traitement fractal ; recherches en biologie végétale sur la chlorophylle et la photosynthèse.

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